Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Nothing but... Catnatt - Heaven can wait

"Bizarrement, sur le net, je suis devenue un peu metteur en scène de ma vie."

Catnatt, Nath comme je la connais moi, c'est 5/7j, en moyenne 8h/jour pendant plus de 7 ans... Je dois vous avouer un truc, c'est grâce à elle que j'ai trouvé ma maison adoptive (qui pourrait croire que je considère mon ancien bureau comme "une maison", et pourtant si.. où je squatte toujours d'ailleurs. MERCI A. M. & R. G.).  A ce titre, je l'en remercie. C'est ce qui nous a réunis, car  c'est une famille avec tout ce que ça implique : beaucoup de respect, d'amour, de solidarité, de hauts, de bas, de crises, d'engueulades, mais au final, nous nous sommes aussi tous construits ensemble durant une certaine période. Je me suis souvent dit qu'au final, c'est avec eux que je passe le plus de temps, c'est peut être eux du coup qui - d'un certain point de vue - me connaissent le mieux... Nath, c'est une sacré femme, je me suis souvent posée la question : "mais comment elle fait au fait ?". J'étais déjà une bonne geekette quand elle s'est mise à blogger, et puis - comme tout ce qu'elle fait - elle s'y est mise à 1000%. Nous avons souvent écrit ensemble, que ça soit dans des collaborations Voldemag/Epidemik ou relecture de certains de mes papiers.. Je vous présente Catnatt, une  "Figure" ..

Catnatt, généralement nous commençons par les présentations, qui es-tu ? Heu... Un être humain, plus particulièrement une femme. Je suis également mère célibataire, deux enfants et je bosse dans la post-production. J'ai 41 ans, âge canonique s'il en est sur l'internet mondial. Que dire d'autre de fascinant... Je suis souvent ironique, plutôt mordante. Grande sensible et grande timide dans l'intérieur du dedans de mon moi-même mais je maîtrise plutôt bien mes stratégies de défense. Je peux piquer des colères monumentales. Globalement, soyons lucides, je suis une escroquerie comme chaque être sur cette terre.

Sur la toile, tu as monté à l'époque Epidemik, puis Voldemag, et désormais tu t'es recentrée sur Heaven Can Wait... Tu es devenue progressivement "connue" sur le web. Un petit bilan de ces différentes époques ? Tu vois, l'escroquerie commence. Je ne suis pas "connue". Ou alors, si à l'échelle de Warhol, un pauvre quart d'heure (reste à déterminer lequel). Bah, j'ai un ego tel que, concrètement, je suis persuadée d'avoir un avis qui nécessite d'exister à la face du monde. C'est ça, un blogueur. Au début, j'ai fait ça de manière un peu faux-cul : Ladies Room un site communautaire de gonzesses. Et puis, Epidemik -  blog collectif (plutôt agressif même si je ne regrette rien, on a tellement ri !) et Voldemag, plus mesuré. Disons que comme Heaven est mon site perso, j’assume de plus en plus à découvert la phrase au sujet de mon égo. Par contre j'appartiens toujours à un blog collectif : Playlist Society, un webzine culturel. J'ai besoin de collectif.

Quand j'y réfléchis, mise à part beaucoup mieux maîtriser les codes de ce milieu, je ne crois pas avoir changé. Ce que j'ai laissé comme ligne éditoriale à Voldemag, l'ascenseur émotionnel, reste ma ligne directrice. Je fais du café du commerce et des textes plus tordus, plus sensibles. J'alterne. J'essaye de faire en sorte de proposer des choses assez faciles à lire et des choses un peu plus compliquées : je me balade dans ce fameux ascenseur émotionnel qui va du rire aux larmes, de l'exclamation à la réflexion. Il n'y a que ça qui m'intéresse : faire réagir que ça soit en bien ou en mal. (Tu fais chier avec ton bilan, j'ai l'impression que je vais recevoir un craypion d'or pour l'ensemble de ma carrière ^^. )

J'ai vachement appris : sur moi, les autres, ç'était une rude école mais une sacrée école, le net ! De belles rencontres aussi. Les degrés de séparation se réduisent, je trouve ça formidable ! Le blog a tout à voir avec un phénomène que je rabâche : le processus d'élimination. Ce qui devient obsession chez moi, en publiant, je m'en débarrasse... Le net est ma poubelle psychologique. Mais recyclable, la poubelle... Je trie aussi. J’ai arrêté d’aller chez le psy,  j’ai un blog. Ca résume assez bien l’histoire en fait.

Perso je trouve que le monde des bloggeurs a évolué, nous nous souvenons toutes les deux de cet effet de mode, le soi-disant "âge d'or des Bloggeurs"... Toi, tu ressens ça comment ? L'âge d'or des blogueurs c'était les années 80 de la pub condensé en deux ans mais sans le pognon, c'est ballot (NdlR : gros rire). On t'envoie 3 tubes de dentifrice, quatre yaourts et 3 mascaras et c'est l'âge d'or ? Non, soyons sérieux, à part quelques élus (et qui bossent H24 finalement) personne ne gagne d'argent avec un blog. Du moins, ce sont en général des activités satellitaires qui te font gagner de l'argent. Le blog ne reste qu'une vitrine d'exposition. Et par ailleurs, si on devait calculer le taux horaire d’un blogueur, on se mettrait à pleurer. Ces gens bossent des heures carrées : ils doivent fournir du contenu, entretenir leur personal branding, entretenir leur réseau etc. C’est monstrueux. Pour finir, je crois que tout est à sa place aujourd'hui : le blogueur est un prescripteur de plus sur des niches précises. Pas plus. Pas moins.

Je me souviens de quelques bloggeurs qui se prenaient pour des stars… ça me donne la sensation d’être des genres de Post-Blog’Academy du web pour certains… non ? Les blogueurs, enfin certains, se prennent toujours pour des stars. L'ego... toujours l'ego. Le pire ? Cette espèce de fausse humilité. C'est insupportable. Maintenant, soyons justes, les journalistes, enfin certains, sont dans le même trip. Fausse humilité, ego monstrueux. Ca n'empêche pas que beaucoup aient du talent. Le truc c'est que nous sommes à une époque où nous apprenons à gérer ce qu'on appelle l'extimité, c'est de la haute voltige et nous restons pour l'instant maladroits.

Si je te dis, "culture web", web 3. XXXXYZ,  tu vois comment les tendances ? Oh my.... J'en sais foutrement rien. Vraisemblablement, les médias "classiques" vont vouloir intégrer les réseaux sociaux dans leur dispositif. C'était déjà le cas l'année dernière avec plus ou moins de succès. Il y a ce réseau social qui prend le contrepied de Twitter ou Facebook en limitant le nombre d'amis : Path. C'est marrant comme phénomène, comme si on revenait de la "mondialisation" à la "localisation". A titre perso, j'aimerais qu'on arrive au point où on arrête de se focaliser sur le sacro saint nombre de pages vues qui est une connerie sans nom mais que l'on regarde le temps passé sur un blog ou un site. Moins de quantitatif, plus de qualitatif. Peu importe qu'un blogueur ne fasse pas 10 000 vues, mais plutôt qu'il ait un véritable impact sur une micro communauté. Ca c'est intéressant. Il faut cesser avec la culture du chiffre sur le web parce que fatalement, ça ramène de la médiocrité et je ne suis pas convaincue que les marques y gagnent. C'est comme le nombre de fans sur une page facebook : on s'en fout ! C'est le nombre de fans actifs qui compte !

Je suis restée hallucinée le jour où m'a sorti sur twitter que j'écrivais trop long sur mon blog à cause ... des smartphones. Les gens veulent des brèves tonitruantes parce qu'ils lisent sur un nouveau support. Le lab d'Europe 1 en est le parfait exemple. Aucune analyse de fond, des avis en 500 caractères, prêts à digérer : le macdo de l'info. Fatalement, une heure après, t'as encore faim. Pas de malentendus, je lis le Lab. Je trouve ça parfait pour avoir une idée de ce qui agite la politique. Mais que de petites phrases... Je finis par trouver ça un peu flippant surtout que ça cartonne ! Je ne suis pas une blogueuse pour portable, bordel !

Les gens pleurent sur la médiocrité mais ils y courent vers la médiocrité. D'où mon cynisme galopant depuis que je suis sur Twitter... Ce réseau social même s’il n’est pas vraiment représentatif d’une population est une loupe sur le genre humain. Il y a de bonnes surprises mais sinon, c’est un peu désespérant.

C'est sûr que tu twittes (!!!), mais tu es aussi, sans aucun doute parmi les plus belles plumes que je connaisse...  Une "écrivain" du web. Je sais que tu tiens aussi des carnets off, depuis toujours. L'écriture pour toi, c'est uniquement une "poubelle psychologique" ? “Ecrivant”, pas “écrivain” sinon c’est encore de l’escroquerie. Je rabâche mais l'écriture pour moi est un processus d'élimination (Merci Romain Gary qui est l'auteur de cette "citation"). Je ne peux pas ne pas écrire. Après, ça ne sous-entend pas que j'écris bien, ça veut simplement dire que c'est une nécessité vitale pour moi sinon je m'étouffe toute seule. J'ai un cerveau bizarrement foutu qui me conduit à avoir des obsessions qui finissent par tout envahir. Quand j'écris, c'est que j'en suis au point d'explosion. Une fois que c'est publié, c'est fini, je l'ai éliminé de mon cerveau. Provisoirement. L'écriture est une nécessité d'être pour moi.

Le besoin d’être lue aussi, de fait non ? Qu’est-ce que ça change le passage du journal, où on garde ses écrits au blog où ça devient public ? Oui totalement. Je pourrais me réfugier derrière la notion de "partage", mais ça ne serait pas honnête. Je me sers du lecteur finalement. Je ne suis pas allongée sur un divan, tournant le dos à mon psy, je suis assise derrière mon ordi, tournant le dos quelque part à celui qui me lit. Celui qui me lit n'existe pas vraiment, je peux me projeter comme je le souhaite. Celui qui lit n'existe que dans les commentaires et comme ça commente de moins en moins, l'espace est de plus en plus vide. C'est intéressant. Par ailleurs, écrire un journal intime ne nécessite pas d'explication ou de mise en perspective et pour cause, celui qui écrit est celui qui sait. Ecrire sur un blog oblige à tenir compte de la présence du lecteur. Ca m'a obligée à expliquer, décrypter, fouiller. Ca conduit à une catharsis. Je raffole de cette mécanique, surtout la peur qui me saisit au moment de publier certains textes : cette montée d'adrénaline liée à un certain exhibitionnisme psychologique. (Faut que je reconsulte peut-être finalement :p)

J'ai interviewé Audrey A qui répondait : "Je vais faire vieille conne, mais je pense malheureusement que la perte d’intérêt des gens pour la lecture peut faire baisser le niveau moyen d’orthographe et d’utilisation / maîtrise de la langue française." T'en penses quoi ? J'en pense qu’effectivement, c'est une réflexion de vieille conne. Nan, j'déconne ! :p Les gens continueront de lire, je ne suis pas inquiète. Les nouveaux supports ramèneront les gens à la lecture. Les gens écrivent probablement plus qu'avant (merci le net !), donc même si certains sont irrécupérables, je reste optimiste contrairement à Audrey. Je suis une increvable optimiste par choix, une pessimiste, pour ne pas dire autre chose, par nature. Je me balade comme je peux entre les deux. Sinon, l'achat d'une kindle m'a amené à lire ou relire des classiques. (Ils sont souvent gratuits). Je trouve ça formidable ! Mais je ne suis pas stable sur la lecture. Là, en vacances depuis 15 jours, j'en suis à mon 7ème bouquin. Mais il peut y avoir des périodes où je ne lis plus du tout de livres...

L'écriture, mais aussi la musique... Tu es une bloggeuse musicale réputée, pour toi est-ce que ça raconte mieux que les mots parfois ?Last night, a song saved my life... La musique, ça sauve, ça me sauve, c’est tout. C’est le truc le plus universel qui soit. Peu importe de parler la langue ou pas, peu importe les distances, le partage est là. Comme un sauvetage...

Tes premiers souvenirs musicaux, enfant... ? Mes premiers souvenirs musicaux c'est Maritie et Gilbert Carpentier. Le disco de mes soeurs... Le 1er 45 tour de Jimmy Hendricks dans les cartons de mon père. La musique classique. Mon premier 45 tour personnel : "Words" de F.R. David : je chantais de tout mon coeur "words don't come easy to me, how can i find my way ?" parce que j'étais si timide à l'époque que j'en restée paralysée... Il y a aussi "Manureva" : j'étais traumat par une pub sur un après-rasage de mon grand père qui proposait de gagner un tour du monde avec Alain Colas alors que je savais qu'il était mort entre temps. Ca m'a plongée dans une angoisse terrible. Il était mort et le jeu continuait. J’avais 7 ans et je trouvais déjà que le monde marchait sur la tête. Ha, je suis obligée de citer "I'm not in love" de Ten CC que ma mère adorait. Ca m’a poursuivie.

Tes derniers coups de coeur, c'était quoi ? Pourquoi ? Aujourd'hui, j'aime beaucoup Friends. Il y a l'album de Peter Broderick que j'attends. Il y a Vadoimessico et Yasmine Hamdan que j'aime bien défendre et j'adore le dernier Dr John. Quant à expliquer... Bordel, tu veux que cette interview fasse un roman ? (NdlR : ça ne me dérange pas, je suis mon auto-rédac en chef ;), c'est ça la démocratie, c'est l'auto-dictature !)

Et le monde musical, pour le coup, tu le sens aller dans quelle direction, lui? Ha les maisons de disques... Je ne suis pas anti-labels. Je pense qu'ils sont nécessaires sur certaines prods. Aujourd'hui, on pense qu'un artiste peut tout faire soi-même. On oublie souvent le rôle d'un bon producteur. Le problème est qu'il faudrait que chacun soit à sa juste place et que les radios fassent vraiment leur taf au lieu de souvent céder à la facilité. On tape souvent sur les maisons de disques, j'aimerais qu'on tape aussi dur sur certaines radios. Et puis il faut arrêter avec le mythe de "je fais de la musique" je dois forcément en vivre. Il y a un genre de dictature à ce sujet. Mais Olivier Ravard en parlerait beaucoup mieux que moi. Les écrivains ne braillent pas toute la journée qu'ils doivent faire tous un boulot à côté (mise à part les 10 de tête). On parle aussi rarement de la médiocrité de ce qui est proposé, y compris en indé. Arrêtez de tous penser que vous êtes le nouveau David Bowie, ça devient ridicule maintenant.

Tu as fait pas mal d'interview aussi de différents artistes, une expérience marquante ? Les interviews, je les ai toutes aimées, sauf une. Mais les expériences marquantes restent celles que j'ai ratées : celle de Carole Martinez et celle de Muriel Cerf. Toutes par mails d'ailleurs. Je m'y suis tellement mal prise...

C'est-à-dire ? Je vais passer pour une prétentieuse mais en interview face à face, je sais que je suis plutôt bonne. Je sais écouter, je sais rebondir, je dégage une énergie bienveillante et ça fonctionne. Mais par mail, je dois en faire trop, je dois être maladroite. Du coup, je dois blesser sans le vouloir. Ou je ne sais pas, ce sont peut-être les écrivains qui sont plus fragiles que les chanteurs. Je ne sais pas. Mais très concrètement, j'ai agacé ou blessé ces deux personnes et l'interview ne s'est jamais faite. C'est comme ça.

Tu as aussi un goût assez prononcé pour le cinéma. C'est difficile de donner une liste exhaustive, mais là spontanément, réals, films ? Terence Malick, en particulier “Le Nouveau Monde” et évidemment “Tree of life”... J'ai adoré "Melancholia" de Lars Von Triers. C'est pas que j'ai adoré d'ailleurs, j'ai adhéré de tout mon être. Parfois on fait corps avec un film et en vieillissant, cela devient rare alors c'est comme un cadeau. J'ai revu "Rusty James" de Coppola, il y a peu. J'ai eu peur mais j'ai reconnu tout ce que j'avais aimé à l'époque. Il y avait des choix esthétiques qui me parlaient tellement... C'était mon premier film "perso". J'étais tellement heureuse de voir que j'aimais encore ce film. Comme si j'étais restée un peu la même après toutes ces années... J'ai beaucoup d'affection pour "I love Huckabees". Je sais pas pourquoi, il y a cette scène où ils traversent Los Angeles en vélo, elle dure quoi ? Quelques secondes et à chaque fois, je me mets à pleurer. C'est quelque chose qui m'échappe totalement et j’aime ça. Et après il y en a tellement... Là ce sont des choix spontanés, du moment. Mais dans quinze jours, je vais me maudire d’en avoir oublié.

Tree of life, est un film, que j'ai trouvé personnellement, fabuleux, néanmoins très controversé, pourquoi ce choix ? Parce que c'est de la poésie. On s'y projette comme on veut. Ce film laisse une très grande liberté au téléspectateur. Ce n'est pas du cinéma au sens de l'entertainment. C'est du cinéma au sens presque psychanalytique. Des images au service du rêve, de la névrose, de l'illusion. Pour faire un film comme ça, il faut un immense courage à mon sens. C'est courageux de laisser autant d'espace, ne pas enfermer un film dans ses propres limites. Dans un livre, ce qui intéressant, c'est ce qui n'est pas écrit parfois. Là, c'est pareil, c'est à chacun de déterminer les vides, c'est à chacun de combler les vides. C'est un film plus interactif qui n'y paraît.

Tes influences artistiques  ? Je suis une brelle en culture. J’ai un bon vernis culturel, ce n’est pas la même chose. En ce moment, ce sont des auteurs. Je lis et j'observe comment ils construisent leurs histoires, un genre de recherche pour arriver à comprendre les ressorts dramatiques qui me parlent et peuvent fonctionner pour le public. Je suis assez fan de Carole Martinez parce qu'elle associe et le style et l'histoire. J'ai lu le dernier Djian et quelle claque ! Il va se promener là où ça fait mal. Mais je serai bien en peine de te donner mes influences artistiques pour la bonne et simple raison que... je ne me considère pas comme une artiste.

Femme très engagée, tes billets traitent souvent de politique, de sujets civiques/sociaux ? En quoi c'est important ?  Ca me fait penser à un sketch des Nuls "Yaourt rien à branler" : "Moi j’ai toujours rêvé d’un monde meilleur… Où le bonheur serait loi, où les soldats seraient troubadours. Où l’Anarchie serait comme une fleur qui pousserait dans les rues à la place du chiendent. Mais aujourd’hui, j’ai changé. Aujourd’hui, j’en ai rien à branler." Plus sérieusement, je reste engagée mais je ne suis d'aucune chapelle. J'observe la gauche au pouvoir, c'est assez intéressant. Enfin, la gauche... les sociaux démocrates hein... Mais j'aime ce climat apaisé. Pour moi, c'est assez simpliste la citoyenneté : toi, c'est moi et moi c'est toi. Je crois que si l'on est concerné par ce qui se passe sous ses yeux, on peut faire bouger les choses. Je crois à une longue chaîne d'attention. Moins de grandes déclarations, plus de solidarité au niveau local. Prendre soin de sa famille, de ses amis, des rencontres fortuites, de ce à quoi on assiste dans la rue. Ses voisins. On ne peut s'en sortir que comme ça. Maintenant, je ne cache pas que Twitter m'a endurcie. Un chouia plus cynique...

Mère célibataire, j'avais écrit ce billet il y a longtemps pour narrer mon admiration face au fait que tu (comme d'autres aussi) gérais/devais gérer tout de front. Métier, enfants, vie de femme, vie de "père"...Tout. Une semaine à la Catnatt aujourd'hui c'est peut être un peu plus simple que quand les enfants étaient petits (elle en a 2), mais ça ressemble à quoi ? Cours Forest cours... Certaines personnes me prennent pour une fonctionnaire,mais j'ai des journées beaucoup plus longues que la plupart des gens. Elles commencent à 7h et se terminent vers 21h et ce quasi 7 jours sur 7. Je pense que c'est peine perdue d'expliquer l'énergie que cela requiert. Seule une mère célibataire salariée et blogueuse pourrait comprendre. J'ai besoin de travailler pour vivre, je me dois à mes enfants et pour respirer je ne renoncerai pas à être blogueuse. Mais c'est épuisant.

Ce n'était certainement effectivement pas le conte de petite fille...  D'ailleurs, quand tu étais petite, tu rêvais de devenir quoi ? Qui ? Pourquoi ? Je rêvais de devenir metteur en scène. Bizarrement, sur le net, je suis devenue un peu metteur en scène de ma vie :p. Je crois que ça avait à voir avec le fait d'arriver à maîtriser ma vie peut-être. Ou d'échapper à la réalité. J'en sais trop rien. Je rêvais aussi vers l'adolescence d'avoir un magazine féminin. Les blogs collectifs étaient une manière inconsciente de réaliser ça, je crois. Mais je ne suis jamais vraiment arrivée à ce que je voulais. Et je ne suis plus si sûre d'avoir l'énergie pour recommencer. Un jour peut-être...

Des projets en cours, malgré tout ? J'ai toujours ce projet de format d'interview un peu atypique à mettre en place. Ecrire un deuxième roman après avoir engrossé mon égo sur le premier :p. Et vivre... Encore et encore... Sinon mon rêve ce serait qu'on me donne (avec quelques blogueuses que j'adore) les moyens de produire un magazine féminin de qualité. Causette est un bon début mais je n'y trouve pas tout ce dont je rêve. Il y a moyen de proposer autre chose. Gros fantasme là...

Une phrase pour conclure ? « Je suis un honnête homme, je veux dire par là que j’approuve la plupart de mes actions »Paul Valery. La phrase la plus ironique que j'ai jamais entendue. Et puis il y aussi cette phrase qui me poursuit, entendue dans la bouche de Mathieu Amalric(j’ai dit que j’étais amoureuse de lui ?) dans “Rois et reines” de Desplechin (j’ai dit que j’adore ce que fait Desplechin ?) : « Une âme , c’est une manière de négocier au quotidien avec la question de l’être ». Je crois que c’est ce qui m’obsède, je crois que c’est ma quête. Je crois que je comprends totalement cette phrase mais je suis incapable de l’expliquer. Le jour où j’y arriverai, je serai sage...

August 15th, 2012

August 13th, 2012