Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Nothing but.... Edouard Meier, directeur de GALERIES (Bruxelles)

"Je suis heureux de toucher un domaine à la fois universel et transversal, de rencontrer aussi bien des artistes, que des producteurs, mécènes, etc. C’est probablement le milieu le plus varié qu’il est possible de côtoyer."

Edouard & moi, "Doudou (Bonheur)" pour ceux qui le fréquentent depuis un certain nombre d'années, c'est une histoire qui date depuis longtemps, puisque nous nous sommes connus sur les bancs de l'IEP Strasbourg. Quelques années après, nous nous retrouvons à Paris, en constatant que nous nous sommes engagés plus ou moins dans les mêmes directions. Nos sensibilités proches nous emmènent à collaborer ensemble plusieurs fois sur divers projets. Edouard, c'est un homme charmant, intelligent, drôle et enthousiaste, très fidèle en amitié qui œuvre activement dans les domaines de la culture.  Il est aujourd'hui directeur de GALERIES, un lieu voué au Cinéma à Bruxelles.

Edouard, alias Doudou pour ceux qui te connaissent bien, tu es ? Ah ben alors j'ai un vrai nom ;). Edouard Meier j'ai 31 ans je vis entre Bruxelles et Paris. J'ai travaillé au Parlement Européen pendant 5 ans, avant de partir pour gérer une petite agence de communication specialisée dans les industries et projets culturels. Mais j'aime bien Doudou, hein !

Ton parcours est totalement atypique, très riche, mais aujourd'hui, tu fais quoi plus particulièrement ? Principalement je dirige GALERIES, qui est un lieu dédié au cinéma ouvert depuis le début de l'année au centre de Bruxelles, dans les Galeries Royales Saint-Hubert. Trois salles d'art et essai, un bar, une boutique et 1000 mètres carrés d'expo dédié au cinéma dans tous ses états. Le commissariat des expositions est assuré par Dominique Païni (ancien directeur de la cinémathèque française). Nous avons hâte de commencer en septembre notre première saison complète, qui verra notamment des expositions de Bertrand Bonello, Apichatpong Weerasethakul et Tsaï ming liang. Sachant que la vie du lieu est rythmée par les projections des films, les avant-premières, les rendez-vous de la programmation. Je participe aussi aux projets de Bruxelles CONGRES, une gare SNCB des années cinquante en service dans laquelle nous organisons soirées, expositions, etc. et Paris Nous Appartient, qui représente les usagers dans le débat sur la Nuit à Paris.

Comment en es-tu arrivé à diriger GALERIES ? Au Parlement européen, j'avais contribué à la création d'un prix pour le cinéma, le Prix Lux, qui récompensait le film de l'année le plus "européen" d'un prix très original ; Un sous-titrage dans toutes les langues de l'Union pour aider à sa diffusion. C'était un premier pas vers ce monde-là. Par ailleurs j'essaie de participer à la vie culturelle de Bruxelles depuis mon arrivée dans cette ville. Pour Galeries, j'ai rédigé une proposition qui réunissait cette expérience là, le propriétaire des lieux, et le savoir-faire d'une entreprise française : le troisième pôle (Gaîté Lyrique, Trabendo, etc), qui est spécialisée dans l'ingénierie culturelle. C'est notre proposition qui a été retenue et depuis on est associés sur ce projet.

L'actualité des GALERIES ? Alors l'actu prochaine, c'est le premier trimestre de notre première saison. Avec une exposition autour du son dans le cinéma qui verra exposés chez nous Bertrand Bonello, Arnaud des Pallières, Chris Marker etc. Cette exposition se fait dans le cadre d'un événement plus large, City Sonic. Galeries accueillera bientôt aussi ses premiers rendez-vous avec La Monnaie, le festival Filmer à tout Prix, sa programmation jeune public, et pleins d'autres rendez-vous. Plus d'information sur le site très bientôt :) Et puis le lancement du bar mi -septembre, et bien sûr des films tous les jours. La programmation sera très riche et très généreuse, il se passera vraiment beaucoup de choses !

Tu sais où tu aimerais emmener le projet dans l'idéal ? L'objectif c'est de faire de GALERIES un modèle original de lieu dédié au cinéma, qui ne soit pas justement un simple cinéma, mais qui rende compte de tous les états de cette création (installations, courts-métrages, etc), et dans lequel les réalisateurs s' "installent" au propre comme au figuré pour présenter leur travail. Parce que c'est un secteur qui offre tellement de possibilités. On voit déjà ces déclinaisons dans les cinémathèques et les grands rendez-vous de l'art contemporain, mais pas encore à l'échelle en dessous, dans des lieux culturels qui ne sont pas tout à fait des institutions. C'est le coeur de notre proposition, d'offrir une expérience cohérente autour d'un artiste. En pratique, lorsqu'il exposera ou s'installera dans l'espace d'exposition, on en profitera aussi pour parcourir son oeuvre dans le cinéma, aller à sa rencontre, etc. On aimerait que la qualité de ces rendez-vous fasse que le lieu soit reconnu au niveau international. Les premiers artiste sélectionnés sont de ce niveau là. Par ailleurs c'est un modèle qu'on souhaite développer dans d'autres lieux.

Très actif aussi dans les milieux de la nuit, tu as donc fondé Paris Nous Appartient... Cette initiative est née un peu après la pétition "Quand la nuit meurt en silence" qui avait initié tout le débat sur la nuit à Paris. On trouvait qu'entre les professionnels et les pouvoirs publics, il manquait une voix essentielle qui était celle des usagers. Alors on a créé cette petite plate-forme qui recense les bonnes pratiques, s'associe ou même co-produit certains événements, et milite pour une ville plus ouverte, plus flexible. Il faut dire que depuis le lancement de ce débat, la ville a fait beaucoup d'efforts sur le sujet, même si l'inertie est importante.

Tu étais aussi chargé de la communication pour Culture Action Europe ? Pour Culture Action Europe, nous avons lancé une campagne intitulée we are more ! C'est une campagne européenne qui sensibilise les pouvoirs publics sur la puissance de la culture, sa transversalité. Cette campagne a aussi contribué à fédérer les acteurs de la culture eu niveau européen autour d'un enjeu commun, à savoir le budget européen et les crédits associés aux programmes culturels. Elle est la principale campagne à ce jour de Culture Action Europe, qui est le lobby de la culture à Bruxelles. C'est une structure très dynamique, qui représente une centaine d'organisation auprès des institutions européennes et travaille pour s'assurer que leurs problématiques soient prises en compte.

La culture pour toi, c'est donc visiblement très important, pourquoi ? Difficile d'expliquer ça ! En tant qu'inclinaison personnelle je crois que ça s'explique pas trop, non ? En tant que domaine professionnel, je suis heureux de toucher un domaine à la fois universel et transversal, de rencontrer aussi bien des artistes, que des producteurs, mécènes, etc. C'est probablement le milieu le plus varié qu'il est possible de côtoyer.

Tes influences artistiques, les gens que tu aimes, admires, kiffes quel que soit le domaine de la culture ? En ce moment je découvre des gens très impressionnants chez les managers culturels, les directeurs de festivals, de musées, etc. C'est pas glamour hein ! Mais ce sont très gens qui réunissent un ensemble de qualités que je trouve très utiles.

Une semaine d'Edouard Meier, ça ressemble à quoi ? Ca change suivant les actualités des projets. En ce moment c'est plutôt du temps sur Bruxelles pour GALERIES et un ou deux jours à Paris. Le projet étant très récent il y a encore tout à inventer. J'essaie de passer un maximum de temps dans le lieu pour le comprendre, rencontrer les spectateurs, passer du temps avec tout l'équipe. Et aller au cinéma :)

Quand t'étais petit tu rêvais de devenir quoi ? Apiculteur :) C'est raté...

Une phrase de fin pour conclure ? Ah ben j'en cherche justement une pour illustrer la saison !

Pour en savoir plus :
www.galeries.bewww.bruxelles-congres.be
www.parisnousappartient.frwww.wearemore.eu

August 16th, 2012

La romance de Paris - Charles Trenet