Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Nothing but... Louis Ronan Choisy, musicien & acteur

"J’ai flirté avec la solitude, le désespoir, l’ombre de la folie, les pensées suicidaires, le goût de la défonce, le dégoût de soi, la trahison, la peine, la cristallisation d’une forme de salut en une femme." (à propos de sa doublure voix de Pete Doherty)

Louis, est un garçon d'une incroyable douceur, généreux émotionnellement parlant. Sombre, gérant toutes ses ambiguïtés, entre les clairs-obscurs. Souvent souriant,  joyeux, gai, heureux, mais aussi ailleurs, détaché, aérien, triste. J'aime sa sensibilité à fleur de peau. J'aime cet équilibre des contraires qu'il dégage. Dans sa palette musicale, j'avoue avoir une nette préférence pour les morceaux sombres (à l'exception de Leylie Brown) ou lorsqu'il revisite certains musiciens.. Cinématographiquement, j'ai tout de suite adhéré à son jeu d'acteur. J'aime. Nous nous sommes rencontrés, il y a quelques années désormais. Découvrez ce garçon plein de charme, et doté de beaucoup de talents....

Louis, qui es-tu ? Je m’appelle Louis-Ronan Choisy, né au printemps 1977 à Paris. Je suis chanteur de pop française et acteur depuis peu.

Passionné de musique, tu as toujours été musicien, peux-tu expliquer un peu ton parcours jusqu'à maintenant ? Comment est-ce que tout a commencé ? J’ai commencé à jouer dans des groupes de rock au collège. Je jouais de l’orgue. Puis, je me suis mis à la basse et au chant dans des groupes de punk rock et glam. Lorsque mon dernier groupe a splitté, j’ai commencé à écrire des chansons plus intimes et à baisser d’une octave ma voix. J’avais découvert Leonard Cohen et lu Voyage au bout de la nuit. J’ai sorti mon premier album quelques années plus tard chez Columbia. Après mon deuxième album, pour différent artistique, ma collaboration avec Columbia a pris fin et j’ai fait deux autres disques avec des labels indépendants.

Un nouveau départ musical en quelque sorte ! D'ailleurs ton actualité du coup ? Je travaille actuellement sur mon cinquième album qui devrait sortir au printemps 2013 chez un jeune label, Washi Washa, distribué par Warner. Je suis en pleine production de ce prochain album qui sera electro-pop. Je fais tout ça seul chez moi (j’ai du super matériel) puis je fais appel à des Dj qui viennent booster et enrichir le son et ensuite je demanderai à mes musiciens de jouer par dessus. L’album devrait sortir au printemps 2013.

Tu es aussi acteur (NdlR : et très bon !), les spectateurs ont pu te voir dans Le Refuge de François Ozon. Comment a eu lieu la rencontre ? Après l’échec commercial de mon troisième album, j’étais particulièrement triste et pour le dernier concert de la tournée avortée, j’ai invité des chanteurs que j’aimais bien et un réalisateur que j’admire, François Ozon. Aucun des chanteurs n’est venu mais François Ozon était présent. Nous avons discuté après le concert et quelques temps plus tard, il m’a proposé de passer une audition pour son prochain film. Je pense qu’il a vu en moi des fêlures qui correspondait à son personnage et m’a donc proposé le rôle.

De ce tournage tu retiens quoi ? Quels étaient les moments forts ? Plus durs aussi peut-être ? Le tournage s’est très bien passé… François Ozon voit tout de suite les limites et les forces des acteurs… il a beaucoup d’humour aussi… on se sent en confiance et on peut se livrer… de plus, Isabelle Carré, avec laquelle je jouais, est une personne très généreuse, profondément gentille et protectrice… et super actrice. J’ai eu beaucoup de chance… d’autant plus que c’était un film à petit budget… donc, petite équipe et pas trop de pression. J’ai découvert l’investissement personnel et émotionnel que représentait de jouer un personnage. C’est très violent et épuisant. Je dis « jouer » mais en fait, je ne sais pas jouer, n’ayant pas fait d’école de théâtre, donc je suis obligé d’y aller à fond et justement ne pas jouer. Si je joue, ça sonne faux tout de suite…

Mais tu as aussi fait la bande originale de film, le fait de jouer, t'a aidé à être plus inspiré, imprégné par le film ? Je pense que François Ozon m'a proposé de faire la bande originale du film car je jouais le rôle de Paul et était dans l'atmosphère du film. Tout est parti d'une chanson que je devais chanter pour une scène et que j'ai voulu composer pendant le tournage, par challenge, ce que j'ai regretté par la suite, car à la fin des journées de tournage j'étais trop fatigué. On a du décaler d'une semaine le tournage de la scène dans laquelle je chantais, car je n'avais pas écrit la chanson.

Aujourd'hui d'ailleurs tu n'es pas devant la caméra mais en studio, puisque tu prêtes ta voix en doublant Pete Doherty. Raconte aussi cette expérience pour toi c'était une première ? Ca t'a plu ? J’ai fait mon premier doublage voix il y a peu pour le film de Sylvie Verheyde, Confession d’un Enfant du Siècle. Je fais la voix française d’Octave joué par Peter Doherty. Cela a duré quatre jours. J’étais à fond de 10h à 19h pendant quatre jours. Le personnage d’Octave est quelqu’un qui n’est pas fait pour la vie, pas fait pour vivre… c’est comme ça que je l’ai ressenti tout du moins. J’ai flirté avec la solitude, le désespoir, l’ombre de la folie, les pensées suicidaires, le goût de la défonce, le dégoût de soi, la trahison, la peine, la cristallisation d’une forme de salut en une femme (Brigitte, Charlotte Gainsbourg dans le film). Le tournage était très intense… beaucoup d’émotions fortes en peu de temps. Après les quatre jours, j’ai donc eu un effet boomerang qui a duré quinze jours durant lesquels toutes ces émotions me sont revenus en plein visage d’une façon très intense… un cauchemar… puis, j’ai écrit dans la foulée mon album en quinze jours… je n’avais pas écrit une ligne depuis deux ans, sauf une chanson… J’étais dans un état d’hypersensibilité… comme en transe.

C'est amusant, non un musicien qui double un autre musicien... Je pense que Sylvie Verheyde & Hervé Icovic (directeur de l'agence Alter Ego), m'ont demandé de passer l'audition, car étant musicien avant tout, j'ai l'habitude de m'attacher au rythme des mots plus qu'à leur sens. Comme Sylvie a voulu garder le texte original d'Alfred de Musset, sa crainte était sans doute que le jeu en français soit trop emphatique et théâtral par rapport au jeu de Pete Doherty... Sylvie, instinctive, a du sentir que le rôle pouvait résonner en moi.

Et le film, ton avis ? J’ai beaucoup aimé le film. Sa lumière, son atmosphère malade et donc profondément romantique, la façon dont Sylvie Verheyde a capté le personnage d’Octave, le jeu des acteurs, la mise en scène, la musique et le choix de faire un rapprochement entre la génération désaxée de la fin du XIXe siècle et la mienne.

Tu es passé aussi à la réal d'ailleurs aussi, avec un court métrage... Pourquoi la réal ? Qu'est-ce que ça t'a permis de faire en plus pour toi ? Quelle genèse ? Un jour, ou plutôt un matin, je me suis réveillé et je me suis dit « Tiens, je vais faire un film ! ». J’ai donc écrit un scénario de court-métrage en quelques heures autour de la nuit… Une rencontre amoureuse dans le milieu de la prostitution occasionnelle d’étudiantes et d’étudiants. Je ne connaissais rien à la réalisation et j’y suis allé dans l’inconscience la plus totale… Ce que je conseille pour faire un premier court, car si j’avais eu conscience de la charge de travail et de la responsabilité, j’aurais tout de suite baissé les bras… Mais, j’ai eu la chance d’avoir des actrices et acteurs qui m’ont fait confiance (Clémentine Poidatz, Pom Klementieff, Adrien de Van, Marie Rivière, Julie Ferrier entre autres…), d’avoir une équipe jeune et hyper motivée et mon public qui est venu faire de la figuration pour une scène club.

Tu as d'ailleurs monté ta propre structure de production. L'indépendance ça t'apporte quoi ? J’ai monté ma propre structure, Karamazov production. Cela me permet d’être libre, de pouvoir monter mes propres projets, de produire des groupes. D’ailleurs, le premier groupe que Karamazov coproduit s’appelle Dùnndotta. C’est de l’electro-rock et l’album sort le 14 janvier chez Washi Washa/Warner. Pour l’instant, je ne vois pas d’inconvénient à monter sa structure, si ce n’est peut-être encore plus de stress…

Tes influences musicales, tu dirais que c'est quoi ? Et cinématographiques ? Mes influences musicales sont la pop anglo-saxonne (surtout la période 70’s glam Bolan/Bowie/Pop/Reed, les nouveaux romantiques 80’s anglais et les punks new-yorkais fin 70’s), l’electro allemande et française et certains chanteurs français comme Darc, Gainsbourg, Jacno, Lio, Elli Medeiros, Daho… En cinéma, j’aime le cinéma italien 50’s et 60’s, Gus Van Sant, Kubrick, Ozon, Audiard, Almodovar, Lynch, Mikhael Hers, Sylvie Verheyde,Thomas Creveuil, Polanski, Marina De Van, Xavier Beauvois, Melville, Renoir, Eisenstein, Cassavetes, Larry Clark, Sofia Coppola, Sergio Leone, L’important c’est d’aimer de Zulawski, Xavier Dolan, Francis Ford Coppola et j’en oublie plein…

J'ai interviewé Marion Corrales jeune chanteuse... Chacun à des étapes différentes. Toi qui a encore plus d'expériences, tu donnerais quoi comme conseils ? Ton regard sur le monde de la musique, aujourd'hui ? Je n’ai aucun conseil à donner si ce n’est de ne faire confiance qu’à soi, de n’attendre rien des autres et d’être honnête avec soi-même. Ne pas avoir peur d’envoyer ses démos à des labels… Faire des concerts. Avec la crise du disque, les labels sont moins inaccessibles et paradoxalement plus ouverts car plus paumés j’ai l’impression…

Quand t'étais petit tu rêvais de devenir quoi ? Quand j’étais petit, je voulais faire de la tragédie dans des théâtres grecs en 300 avant JC.(NdlR : on attend donc un clip où on te verra en toge, c'est ça ?!)

Une phrase/devise pour conclure ? Feu !

Official Website : Louis Ronan Choisy
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