Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Berlinale 2013 - La Religieuse de Guillaume Nicloux

Guillaume-Nicloux-fait-sa-Religieuse_portrait_w532
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10 février 2013 - 18h30 - Arrivée au Berlinale Palast pour assister à l'avant-première mondiale de La Religieuse, film réalisé par Guillaume Nicloux. La bande-annonce donnait un avant-goût fort intéressant, le film a été à la hauteur de mes expectatives autour d'un sujet pas très "Grand Public" a priori. Au regard des nombreux applaudissements en fin de projection, je n'ai visiblement pas été la seule à avoir apprécié les jolies prestations de Pauline Etienne Louise Bourgoin  et Isabelle Huppert. Ambitieuse et difficile la succession à Anna Karina dans l'adaptation cinématographique de Jacques Rivette, néanmoins incroyablement bien assumée. La jeune belge tenant le rôle principal maintient le spectateur en haleine durant presque deux heures. Sa juste et poignante interprétation contribue indiscutablement à plonger le spectateur dans un univers pourtant difficile à mettre en scène, car très contemplatif avec une forte part d'introspections à l'image des couvents de religieuses. Véritable révélation, c'est une "jeune fille à suivre"... Les interactions avec l'émouvante Françoise Lebrun, la froide "perverse" Louise Bourgoin et enfin l'ambigüe Isabelle Huppert confirment ce casting impeccable où chaque "binôme" sert l'intensité dramatique et psychologique du film.

La narration qui pourrait être ennuyeuse est parfaitement soutenue par l'équipe technique. Les lumières sont bien gérées, le mixage subtil, le montage ne perd pas son rythme, ce qui est une belle performance vue la durée du film (1H54). Si certains, le temps d'un souffle, pourraient ressentir une légère lassitude dans la 2ème partie du film, ils sont vite replongés dans l'action du film, dès le troisième tableau.

Je laisse volontairement les thématiques potentiellement polémiques de ce film... Le film  aborde des critiques déjà maintes fois traitées à l'encontre de l'Eglise : hypocrisie des "appelé(e)s", dogmatisme des illuminé(e)s autorisant les maltraitantes au nom de "Dieu", conflit des attirances sexuelles et des voeux de chasteté, homosexualités...  Aujourd'hui, le film fera sans doute moins scandale qu'à l'époque de Diderot ou Rivette, néanmoins, il fait écho à des problématiques toujours très actuelles...  Il rappelle qu'au nom de certains idéaux, modèles sociaux ou de principes de vie, des injustices couvertes par une moralité de ce qui "est sensée être le bon chemin à suivre" peuvent être permises.

Bref, en espérant que la distribution et la promotion permettra à ce film un légitime succès, je vous conseille plus que fortement, d'aller  voir cette co-production franco-belge-allemande en salle à sa sortie... (20 Mars 2013)

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