Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Berlinale 2013 - Parde de Jafar Panahi

12 février 2013 - 16h00 - Ne trouvant plus de places disponibles pour les Berlinale Shorts, je me rends à la première projection mondiale de Parde du réalisateur iranien Jafar Panahi. Homme connu pour son emprisonnement politique dans son pays - n'ayant pas pu venir à Berlin - son oeuvre  cinématographique m'était néanmoins totalement inconnue.  Cette expérience restera à jamais un souvenir impérissable découvrant que la séance était en version originale (iranien) sous-titrée en allemand. Mon voisin ne parlant pas la langue germanique, c'était quelque peu folklorique, le mien étant à rafraîchi. Fort heureusement, ce n'était pas un film avec beaucoup de dialogues et le langage employé relativement scolaire, m'a permis de presque tout comprendre. Pour un spectateur non averti, le film pourrait être assez obscur, flirtant délibérément à la frontière entre le réel et l'hallucination, un côté "lynchéen" dans le découpage et la perplexité dans laquelle nous plonge la narration. A cela s'ajoutent des symboles que je n'ai - en toute honnêté- compris qu'après avoir lu cet article-ci.

Deux personnages, un écrivain, une femme débarquée de manière totalement impromptue un soir accompagnée de son frère, se retrouve cloîtrés dans une villa prêtée au bord de la mer. Craignant d'être repérés, toutes les ouvertures sur le monde extérieur sont calfeutrées. Puis soudain, le réalisateur s'éveille. Est-ce un songe, cela a-t-il vraiment eu lieu ? Nous comprenons où il veut en venir, mais ça reste très métaphorique. (Photo prise devant le Berlinale Palast, avant la projection du film)

Toute l'action se déroule principalement en huis clos. Fait remarquable, car si le film reste énigmatique (pour moi en tous cas), il n'est néanmoins pas rébarbatif. On attend certes toujours qu'il se passe quelque chose, mais le temps passe relativement vite comparativement au sujet peu dynamique. Les jeux des lumières d'abord oppressantes puis naturelles et lumineuses appuient la narration. Ce film ayant été tourné clandestinement, il attire d'autant plus l'attention. L'acteur principal interprète parfaitement les angoisses d'un poursuivi, sans sur-jouer.

Au final, c'est une oeuvre indiscutablement intéressante si on l'aborde sous l'angle politique, à travers le message qu'elle véhicule, ainsi que tous les symboles qu'elle porte, mais ce n'est certainement pas un moment de divertissement léger, l'allégorie étant ce qu'elle est...

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