Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Nothing but… Camilo Reyes, ancien skateboarder pro, chanteur/musicien/dj, photographe...

 "Je suis un citoyen du monde. Né au Chili d'une mère Bolivienne et d'un père du Honduras..."

Camilo, alias Don Camilo, est une de ces rencontres qui ne peuvent que vous marquer. Avec plusieurs cordes a son arc, il traverse le temps, muni de son skate et de son chapeau.

Camilo, qui es-tu ? D’où viens-tu ? Je suis un citoyen du monde, né au Chili d'une mère Bolivienne et d'un père du Honduras. J'ai eu la chance d'avoir vécu ma petite enfance au Sénégal ainsi que dans d'autres pays grâce au métier de ma mère qui était sociologue. J'ai pu connaître le skate en France et devenir pro a l'âge de 17 ans. Je me suis rendu compte que l'on peut vivre de ses passions. Mais j'étais trop jeune et très vite je me suis tourné vers une autre passion la musique. J'ai aussi travaillé comme éducateur, fait des chantiers, pas mal de petits boulots, et même travaillé dans des bureaux pour devenir cadre. Mais je me suis aperçu que cela ne me correspondait pas, j’ai repris mes passions et aujourd’hui j’en vis à nouveau.

Nous nous sommes connus à une soirée en 2009. Tu es une des personnes les plus complètes et humaines aussi que j’ai pu rencontrer d’un certain point de vue… il faudrait un livre. A l’époque où tu étais skateboarder pro, qu’est ce qui t’a marqué de cette période ? Les rencontres que tu as pu faire, les temps forts, des moments plus tristes aussi peut être ? Waaah... je pense qu'il faudrait un livre pour chacun de nous car nous sommes tous des personnes exceptionnelles, on n'a malheureusement pas tous la chance de pouvoir s'épanouir dans nos passions. Ce qui m'a marqué le plus ce sont les instants de grâce ou le temps est comme figé, où tout est au ralenti, tu as le contrôle de ton corps et même de l'instant. Cela ressemble un peu a ce que l'on ressent lors d'un accident à part que là, on fait ce que l'on veut. Cette sensation de liberté m'a permis de faire de belles rencontres et de prendre conscience qu'il y a pleins de façon de nager avec ou à contre-courant. Les moments de tristesse, de douleurs vont avec.

Tu as vu le monde du skateboard évoluer, pour toi aujourd’hui il est différent de ton temps, si oui, en quoi, pour quoi ? Bien sur que c'est différent, l'industrie a évolué, l'image que les gens en ont, les performances aussi ont énormément évolué. Mais malgré ça la mentalité perdure. Cette fraternité, cette liberté, je la ressens encore aujourd'hui, et la vois toujours dans le milieu professionnel.

A des jeunes qui aimeraient aller dans le milieu du skateboard aujourd’hui tu leur dirais quoi ? Je leur dirais de s'éclater entre potes sans se poser de questions.

Musicien, chanteur, dj… La musique c’est aussi ton autre univers comme tu l'as dit plus haut… Peux-tu nous en dire plus sur tes influences, les artistes que tu respectes, ceux qui t’inspirent ? Pour quelles raisons ? Je pense que mes influences musicales viennent de mes nombreux voyages enfant et aussi de mes origines. Je me souviens des moments de fête, où il y avait toujours quelqu'un qui sortait une guitare et tout le monde se mettait a chanter de vieilles chansons traditionnelles. Aujourd'hui j'apprécie autant écouter du Nina Simone que du Gainsbourg. J'ai des périodes musicales selon mes humeurs, en ce moment je suis très Rock.

Pareil, à des jeunes qui veulent s’orienter vers la musique, quels conseils tu leur donnerais que ça soit pour devenir dj, compositeur ou autre ? Comme pour le skate, ne pas se poser de questions, se donner a fond dans ce qu'on aime sans essayer de devenir.

Ton actualité musicale d’ailleurs ça donne quoi depuis quelques temps ? Grâce a Jamafra (label de musique), Manu Digital (compositeur) et Lord Zeljko (Dj/producteur) j'ai participé à un maxi de Reggae, il y a peu. A mon grand étonnement il a été premier des ventes au Japon. Je joue aussi à l'étranger avec Blundetto Soundsytem, composé de Jérome Blackjoy et de Max Guiguet. Avec ce dernier, je continue a faire des Podcast et prépare aussi sur de nouvelles prods.

Tu animes aussi une émission de radio, dis-nous en plus ? Depuis un an, j'anime « la messe de Don Camilo » sur Radio Marais, ce qui me permet de partager mes vinyles avec juste une platine, un micro et des jingles comme le faisaient les Djs des années 60.

Tu fais aussi de la photographie, une prochaine exposition en vue ? Parle-nous un peu plus des sujets qui te touchent, pourquoi tu aimes les photographier ? La photo pour toi c’est quoi ? La photo pour moi, c'est arriver a capturer une émotion, un ressenti, même s'il est différent pour chacun d'entre nous, il racontera une histoire. J'ai eu l'idée comme beaucoup de partager mes road trips. De montrer ce que voit un skater, sa vision lorsqu'il est sur un skate. Je suis donc parti avec mon skate et un appareil photo que l'on m'avait prêté. Je me suis retrouvé a shooter tous les jours pendant des mois, et cela m'a permis de vite progresser. De trouver des angles, de sentir ce que je voulais montrer. Je ne suis pas photographe à la base, j'apprends au fur et à mesure avec les appareils que l'on me prête. Je pense que la photo permet a chacun de pouvoir partager des émotions sans avoir besoin de techniques. Depuis, je partage cette nouvelle passion a travers des expositions et prépare aussi un livre.

Parlons un peu plus de ton pays d’origine, le Chili… Que dire… ta mère par exemple, est une personne que j’ai pu rencontrer, une vraie personnalité, si tu devais la décrire tu dirais quoi ? C’est un arbre fragile et vieux rempli de fruits qui s’offrent a tous. Elle a dédié sa vie aux autres comme mon père d’ailleurs, qui en est mort en essayant de renverser la dictature du Honduras. C'est grâce à Camilo Torres, un prêtre révolutionnaire colombien qu'ils se sont connus, d’où mon prénom Camilo. Je suis né au Chili, mais je connais à peine ce pays, car il y a eu un coup d'Etat en 1973. Ma soeur, ma mère et moi furent emprisonnés, mais grâce à Amnesty International nous avons pu être sauvés, et accueillis en France en tant réfugiés politiques.

Tu as par ailleurs rencontré des gens dans tous les domaines… peux tu nous parler de gens qui t’ont vraiment marqué dans tes rencontres, et pour quoi, et pourquoi. . ? Une des personnes qui m'a le plus marqué est un ancien compagnon, qui fut un peu comme un père pour moi à une période difficile de transition après mes années skate. Il m'a appris a prendre le temps pour bien faire les choses.

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Tu connais le Paris by Night assez bien… Paris aujourd’hui la nuit, ça ressemble à quoi si tu devais la décrire ?J'ai l'impression que c'est une vieille qui est devenu sourde... hahaha ! En fait, il y a beaucoup de problèmes de voisinage, de moins en moins de lieux où tout le monde peut se mélanger. Les clubs deviennent élitistes, et l'attente devant un club fait sa réputation. Je trouve ça bien triste.

Enfant, tu rêvais de quoi ? De devenir quoi ? C'est drôle j'en ai reparlé il y a peu, lorsqu'on me posait la question petit, j'aimais répondre « vagabond », peut-être a cause de Caliméro que l'on voyais toujours partir avec son baluchon !

Une phrase, un dicton, des mots, une devise ? Fais ce que tu aimes à fond sans te poser de questions.

Official Website : Don Camilo (FB)
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©Camilo Reyes - Hong-Kong

©Camilo Reyes - Hong-Kong

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