Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Berlinale 2014 - The Monuments Men de George Clooney

the-monuments-men-the-monuments-men-2014-9-g Pour tous les amoureux de l'art, et ceux convaincus que la culture est un vecteur puissant de civilisation, d'éducation et transmission des messages, The Monuments Men est un film qui ne peut que combler ces idéalistes pour qui la société ne pourrait être - dans une merveilleuse Utopie - qu'art et culture. Néanmoins pour ne pas faire une projection de ses propres fantasmes sur une oeuvre cinématographique, revenons à George Clooneyqui m'étonnera toujours et son film, bel hommage à ces hommes qui ont réellement existé.

Présenté hors compétition à cette Berlinale 2014, cela a quelque chose de symbolique, puisqu'il narre  le vol par l'Allemagne Nazi (mais aussi des Russes) du patrimoine culturel des régions envahies (avec ici un éclairage accentué sur la France et la Belgique). Il est inspiré du roman éponyme  du livre de Robert Edsel qu'il a co-écrit avec Brett Witter. 

Le casting de The Monument Men est riche de grosses pointures du cinéma. Outre le producteur, réalisateur et rôle principal du film, on y trouve Matt Damon , Bill Murray, John Goodman, notre frenchie Jean Dujardin, Bob Balaban, la figure peut-être moins connue en france d'Hugh Bonneville et un petit "jeune" dont il est possible  que nous relisions son nom dans les années à venir, Dimitri Leonidas.  Si naturellement chacun jouent leurs personnages sans aucune faute, pour qui a pu les voir fréquemment dans des films, ils sont "eux". Jean Dujardin reste Jean Dujardin, Matt Damon reste Matt Damon, bien qu'il amuse le public francophone lorsqu'il s'essaye à des répliques "frenchies". Bill Murray surprend un peu malgré tout.

Sans  doute suis-je influencée par la projection de vendredi (American Hustle) où certains acteurs ont littéralement été sortis de leurs rôles habituels, ou, peut-être qu'avec un casting pareil, on s'attend à des prestations "surnaturelles".... Cela nuit - quelque part - à la crédibilité des personnages dans le film, où parfois nous avons la sensation d'un décalage entre la probable intensité dramatique de leur mission et la "légèreté" relative - dû à l'humour du scénariste -  mais qui était peut être aussi un choix de réalisateur. Que sais-je. Si les rôles ne "surprennent" pas - toute proportion gardée -, le spectateur peut savourer de voir rassemblés tous ces excellents acteurs. A noter néanmoins l'acteur Holger Hangkte, qui de manière surprenante marque par sa courte prestation, et tout spécialement dans une scène face à George Clooney où - au final - j'aurais même tendance à le trouver beaucoup mieux que lui.  Au milieu de cet univers très masculin, Cate Blanchet ne peut qu'être mise en valeur, et elle interprète d'ailleurs remarquablement bien cette conservatrice résistante française (très étonnant son presque non accent australien lorsqu'elle sort quelques phrases en français), un peu coincée, mais au tempérament fort trempé.

Concernant le montage, il perd parfois en rythme, étrangement ce film paraît parfois long alors qu'il ne fait "que" 118 minutes. Le découpage dressant des tableaux parallèles perd parfois en puissance. En conséquence, la quête des protagonistes du film recherchant les oeuvres dérobées paraît paradoxalement assez facile alors qu'elle ne l'était probablement pas, presque "récréative". L'intensité dramatique à chaud résiderait - pour moi - dans les scènes où Cate Blanchet voit impuissante le train emportant le patrimoine du Jeu de Paume et aussi - peut-être -  où le "méchant" colonel allemand exécute sans état d'âme le "testament" d'Adolf Hitler en faisant brûler au lance-flamme des milliers d'oeuvres de Grand Maîtres. Est-ce donc volontaire ce ton décalé - pas déplaisant néanmoins - ou manquant un peu "d'épaisseur" pourrais-je dire ? George seul le sait. Au niveau du costume/stylisme, décors, en revanche rien à dire, nous sommes plongés dans les années de guerre sans aucun problème. Concernant le travail de chef opérateur, il est très juste aussi.

Bref, un film assez agréable à voir, mais qui ne me laisse  néanmoins pas une impression de "grand film qui marquera l'histoire du cinéma" malgré tout le respect que je porte à l'énorme travail effectué. Il est surtout très intéressant au regard du sujet qu'il traite, car il a le mérite - je trouve - de mettre en lumière pour le grand public ces pans de l'histoire assez mal connus, et surtout - et en cela sans doute est-ce une belle victoire pour le producteur - il m'a personnellement donné envie de lire le livre et d'en savoir plus sur cette période. Si telle était la volonté, c'est une vraie réussite. Aussi le conseille-je rien que pour cette raison...

Article en relation avec The Monuments Men : Les vrais Monuments Men par Marie del Signore

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