Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Berlinale - Kurzfilme 3

Photo (7) La Berlinale devrait étendre ses salles pour ses courts métrages car elles sont toujours bondées. A côté de la sélection officielle, Panorama, Berlinale Spéciale, Berlinale Short, il y a aussi les Kurzfilme. Impossible de tout voir, grande frustration, mais parlons de cette série ci. Ca traite de la jeunesse...

Le premier court Moy Lichniy Los' (My own personal Moose), est un film d'animation russe réalisé par Leonid Shmelkov. J'ai aimé l'assemblage d'un trait texturé, dessiné type pastel pour les décors, et le contraste avec les personnages en trait libre, une animation fort simple (volontaire ou faute de moyens financiers que sais-je, mais le résultat est plutôt cool). Sorte d'allégorie, l'accompagnement musical participe à la construction d'un univers assez poétique, assez elliptique. C'est  l'histoire d'un petit garçon et de son père, qui est fasciné par les élans et rêve d'en voir un un jour... Sans dévoiler la chute, ça évoque le rêve, mais aussi les relations que peuvent avoir un père et son fils. On ne comprend pas tout, car il y a une sensibilité propre aux pays slaves qui parfois m'échappe n'étant pas assez familière avec ces cultures. Mais, j'ai aimé.

Скачать ролик | Все ролики к мультфильму | Информация о мультфильме... Le deuxième court - Out of this world, réalisé par Viktor Nordenskiöld était en réalité un mini reportage centrée sur un jeune garçon qui doit nettoyer l'intérieur des camions citernes au Pakistan pour gagner sa vie. Son père ayant eu un accident il ne peut pas travailler. Sa petite soeur c'est lui qui la protège. Ce sont des images comme on en voit aussi beaucoup en Inde, c'est une histoire comme il en existe beaucoup aussi dans ces pays là. Le jeune garçon aimerait apprendre, aller à l'école, mais il a peur de la colère de son père s'il étudie. Ces camions sont dangereux pour la santé, ils sont sources de cancer pour tous ces enfants-travailleurs. Si j'aime ces reportages, les sujets qu'ils traitent, la sensibilité qu'ils impliquent, je m'interroge souvent sur la légitimité dans les séries de courts-métrages, parce que ça s'apparente plus à du journalisme qu'à stricto sensu de la fiction courte. Peut-être faudrait-il créer une section spéciale pour ces mini documentaires. Je ne sais pas. C'est un bon mini reportage, après il y en a de nombreux autres identiques. Il touche, mais il manque un je-ne-sais-quoi de plus saisissant encore. Néanmoins cette mise en lumière est toujours utile, et c'est toujours bien de montrer cette réalité qui est si loin des sièges confortables des salles de cinéma berlinoises. 

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Le troisième court, The Dam Keeper,  est une nouvelle animation réalisée par Robert Kondo and Dice Tsutsumi qui est teinté de métaphores façon asiatique, une allégorie de l'exclusion des différents, et surtout du poids des choses, du monde, des humains en général. Tout cela est fait avec un trait crayonné et des animaux pour représenter les humains. C'est charmant. A voir.

Eleven, quatrième projection, est un film néo-zéélandais réalisé par Abigail Greenwood,  parle de jeunes filles de 11 ans - pré-adolescentes, et le rapport encore une fois qu'on peut avoir face à la différence d'autrui, et la difficulté de réussir à s'imposer quand on est jeune face à un effet de groupe si typique des adolescents. C'est bien shooté, les enfants jouent très bien. Si le scénario étonne peu, la réalisation est juste... A suivre.

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Pigs de Laura Mohai, est un court film singapourien-malaisien assez bien réalisé techniquement, même s'il laisse des questions ouvertes. Un élevage de cochons. Une mère qui a perdu un jeune bébé, une fille. Un garçon ainé pas très vieux qui a l'air un peu autiste. Le petit garçon voit un jeune bébé cochon mourir, qu'il transporte dans le berceau du bébé décédé. La mère choquée, prend le cochon, le met dans un sac poubelle. Le jeune garçon retrouve le sac poubelle, transporte le jeune cochon pour le jeter dans la mer. The end. On peut se risquer à des métaphores, parallèles, mais parfois il ne faut peut être pas chercher plus loin que la réalisatrice ne l'a voulu. Ainsi l'animatrice lui pose la question pour savoir si la mer a une signification particulière, elle répond que non, c'est le paysage qui lui a plu. Ce qui est notable en revanche c'est qu'il n'y a aucun dialogue dans ce film. Aucun. Juste du son, des expressions, des regards...

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Le dernier film indonésien Sepatu Baru (On stopping the rain)  bien réalisé par Aditya Ahmad avec de belles images, de beaux plans, et un casting qui fonctionne très bien, mais où - sans explication préalable - on peut avoir du mal à comprendre le sens du film puisqu'il s'agit d'un rituel traditionnel indonésien pour stopper la pluie... La chute ne manque pas d'humour, c'est assez frais.

Trailer - Sepatu Baru (On Stopping The Rain) from Aditya Ahmad on Vimeo.

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Berlinale 2014 - Kreuzweg de Dietrich Brüggemann