Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Nothing but... Alexandre Fumeron, créatif chez BETC Digital & photographe

"(...) pour moi, la photo c’est vraiment un moyen d’expression et un moyen de figer le temps. Je trouve quand même assez magique qu'à l’aide d’une simple image, on arrive à faire passer des messages ou des sentiments."

Crédit photo : Yann Charles

Crédit photo : Yann Charles

Coucou Alex, alors, raconte-nous un peu… D'où viens-tu, ton parcours pour être aujourd’hui un incroyable « Chef de groupe création » (je cite ce qu'il y a marqué sur ton facebook ;) ). QUI ES-TU ALEX FUMERON ?
Alors par où commencer. J’ai l’impression d’avoir eu plusieurs vies déjà malgré mon jeune âge.
Quand j’étais jeune je vivais à Pantin et je pratiquais beaucoup le roller (aujourd’hui encore), j’ai fais pas mal de compétitions et je passais à peu prêt 80% de mon temps dessus.
C’est un peu grâce à ça que j’ai pu découvrir Paris et sortir de mon quartier. A l’époque, j’étais en Lycée d’Art Graphique dans le 13e où j’y ai appris les bases de mon métier d’aujourd’hui, la publicité et plus particulièrement le digital.
Depuis je suis passé par pas mal d’agences, à divers postes et différentes spécialisations qui m’ont permis d’avoir un bagage assez complet sur les métiers de la création et de la production.
Aujourd’hui, j’essaie de mettre en pratique tout ce que j’ai appris dans les différents projets sur lesquels je travaille et j’essaie aussi de transmettre à la jeune génération mon expertise du métier.

D’ailleurs ton métier ça consiste en quoi pour les néophytes ? Une « journée » à la Alex Fumeron, ça ressemble à quoi ?
Aujourd’hui je travaille chez BETC dans la section digitale, je travaille sur pas mal de budgets différents, allant de la conception pure de campagnes publicitaires à de la production de contenus pour les marques. Ma spécialité, et ce que je préfère, étant quand même la partie production. J’aime bien travailler sur des choses qui prennent vie, ce qui n’est pas forcément le cas quand tu travailles en conception.
Je dirige donc une équipe de créatifs sur des projets assez variés. Beaucoup de contenus social média, du site internet, des campagnes de pub plus classiques, mais toujours digitales.
Mes journées sont faites de beaucoup de réunions, de gestion de projets créatifs, de milliers de mails. Oui ça ne paraît pas très sexy, dit comme ça, mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de travailler sur des projets avec une vision globale et d’y insuffler mon savoir-faire et ma patte. Ce que j’aime, c’est le mouvement et quand on travaille dans la pub, du mouvement il y en a constamment. Rien n’est jamais figé et on le sentiment que tout est possible, même si en fait tout le monde essaie de te convaincre du contraire.

Ca fait déjà un certain nombre d’années que tu pratiques ce métier.. Que pourrais-tu nous dire sur les "plus" et les "moins", les meilleurs et "moins bons" voire "pires" souvenirs ? 
Ça fait carrément longtemps ! Pour te dire j’ai commencé à faire du digital alors qu’on était encore en 56K, j’ai même bossé sur du design Minitel lors d’un de mes stages. (NdlR : ça ne nous rajeunit pas, c'est ça que tu essaies de me dire ? Que les jeunes ne comprennent pas notre blague "3615 ?") J’ai fait mon premier site sur Frontpage et suis très vite passez sous Notepad pour coder. J’ai donc connu les tout débuts du web et toute son évolution.
Les plus de ce métier est qu’en général avant d’être un métier, c’est que c’est aussi une passion. Donc quand tu te lèves le matin, tu n’as pas l’impression d’aller au boulot (enfin certain matins).
Les coté négatifs, c’est que c’est aussi une passion, et comme toute passion, elle déborde souvent sur la vie personnelle, la famille, les amis, le chat, le poisson rouge, le jeu vidéo que tu mets 6 mois à finir, etc… et c’est parfois assez frustrant.
Les bons souvenirs, ça reste les soirées entre collègues à se serrer les coudes en mode charrette, les parties de jeux vidéos à l’agence (Mario Kart Powa)... Les collègues qui sont devenus des potes et les projets cool qui sont sortis et pour lesquels on est fier d’avoir cravaché.
Les mauvais souvenirs, je ne sais pas trop, j’ai plutôt tendance à ne garder que le meilleur. Le pire étant souvent sources d’apprentissage et je pars du principe que j’ai quand même beaucoup de chances de faire ce que je fais aujourd’hui et qu’il y’a pas mal de gens qui sont bien plus à plaindre que moi.

Pour des « jeunes » qui rêveraient de faire le même métier que toi, tu leur conseillerais quoi ? Les pièges à éviter ? Les choses à savoir ? Les qualités requises ?
Ah ah, la question à mille dollars.
Pour moi, il faut avant tout une grosse dose de motivation, car travailler dans la pub, c’est quand même un métier qui ne sert fondamentalement à rien. 90% des gens n’en n’ont rien à foutre de la pub ou crachent dessus, donc il faut bien savoir dans quoi on s’engage.
Sur la masse de projets sur laquelle on travaille,  il y en a tellement un paquet qui part à la poubelle, qu’il faut un mental assez fort pour ne pas tout lâcher.
Bon déjà avec ça j’espère en avoir démotivé plus d’un ;-)
Mais pour les plus motivés, ce que je conseille à tous bons créatifs c’est d’avoir une bonne culture générale et aussi une spécialité (illustration, photo, écriture, etc…) quelque chose qui permet de se démarquer et de sortir du lot. C’est très très important dans ce milieux, car aujourd’hui tout le monde sait tout faire mais tout le monde ne le fait pas forcément bien ou avec un vrai parti pris. Un autre point important c’est la connaissance du métier, faire de la veille constamment pour éviter de refaire ce qui existe déjà et éviter de refaire les mêmes choses.
Le dernier point, c’est l’humilité, on n’est pas en train de sauver le monde, donc pas la peine de se prendre pour des stars (surtout quand on est jeune), car ce qu’on a fait aujourd’hui, sera oublié demain. Etre une star, c’est aussi un boulot et un métier. Et ce n’est clairement pas celui de publicitaire...

Tu dis qu'il "faut éviter de refaire le mêmes choses", pourtant nous savons toi et moi que - d'un certain point de vue - "tout a déjà été fait" (ou presque, vu que là on parle principalement de nouveaux médias, peu de chances que dans les années 50 ils aient conçu de telles campagnes !). Comment définir cette création dans ce contexte ? Est-ce une réécriture, une nouvelle manière de raconter les mêmes histoires, un remake actualisé ? 
Quand je dis qu'il faut éviter de refaire la même chose c'est surtout une question de perception. On peut raconter une même histoire de pleins de façon différente.
Ce qui est important c'est d'avoir une vision claire de ce qu'on veut dire pour que les gens comprennent ce qu'on veut raconter et quel message on veut faire passer. En effet tout a déjà fait mais, comme tu le dis si bien, aujourd'hui c'est la forme qui change. La manière dont on communique.
On voit bien qu'aujourd'hui les nouvelle stars ce sont des gens qui viennent d'Internet. Donc ce que font ces gens-là est n'a rien de vraiment nouveau, c'est plus la forme qui a changé. On communique plus et mieux en créant du contenu. Globalement les gens continuent de lire des livres, regarder des films, écouter de la musique... C'est juste la manière dont il le font qui a changé.
Ce qui m'intéresse dans la création c'est le mélange des univers. Aujourd'hui, pour moi, on ne fait pas de la création pure, on fait de l'évolution créative, on mixe des choses existantes pour en faire de nouvelle. C'est une sorte de mutation constante. La création c'est un mélange de pleins de choses et c'est en cela qu'on arrive à créer des choses nouvelles.

Passons à présent sur ta passion qu’est la photographie ! C’est d’ailleurs grâce à ça que nous nous sommes connus, car Julien Le Corre (éminent Concept-rédacteur et très bon Dir Créa comme on dit aussi - je dis ça naturellement en toute objectivité), avait décidé de monter une exposition photo « Main Stage » pour WeAre autour de la photographie de concert ! La photo et toi, un premier amour qui date de quand ? Le déclencheur ?
J’ai envie de dire depuis toujours, j’ai toujours été passionné par l’image et par l’objet photographique. De pouvoir figer un instant pour le garder, ça paraît tellement simple aujourd’hui, mais c’est aussi une manière de voyager dans le temps. J’ai réellement commencé la photo au Lycée car j’avais des cours de photo argentique où on faisait tout de A à Z, prise de photos studio et développement à la chambre. Ce qui me plait là-dedans, c’est de maitriser tout ce qu’on fait. Ce qui est un peu contradictoire avec ce que je fais aujourd’hui en concert, car la seule chose que je maîtrise, c’est le cadrage.

Tu as une une « expertise » -  si on peut parler ainsi - en photographie de concerts. Photo et musique, deux passions ? Qu’est-ce qui te plaît dans ce type de photos ? Tu as parlé du fait de ne maîtriser "que" le cadrage ?  Ta première « scène » c’était qui et quand ?
J’ai commencé la photo de Concert en 2011 grâce à une heureuse rencontre lors d’un casting pour un de mes clients qui travaillait comme CM pour Nous Productions, un gros tourneur parisien.
En discutant un peu musique, on en est venu à parler de photos que je faisais de mes potes de Fishing With Guns, un célèbre groupe de Hardcore parisien et il à été emballé par les photos que j’avais fait d’eux. Quelques semaines plus tard, il m’appelait pour me proposer d’aller shooter au stade de France les Black Eyed Peas, c’est là que tout a commencé. Depuis je continue de bosser pour eux et je travaille aussi de temps en temps avec la presse et une agence de presse pour vendre mes clichés.
Après la musique c’est vraiment venu par hasard, sans calcul, ça c’est présenté et j’ai mordu à l’hameçon. C’est quand même autre chose de voir les groupes en live que de les écouter en album, ça permet de voir ceux qui marchent vraiment et ceux qui ne sont pas du tout adaptés au live. Après ce qui me plait vraiment là-dedans comme je le disais effectivement plus haut, c’est que total freestyle, le seul truc que tu peux maitriser c’est ton cadrage, il y a tellement de contraintes que c’est un vrai challenge de sortir de belles photos, même des moyennes et même des très moches parfois ! C’est ce coté très vivant que j’aime, on ne sait pas ce qu’on va avoir, c’est la surprise et quand tu arrive à sortir un bon truc, c’est gratifiant.


 

 

Tu as un sacré book - doux euphémisme -tes meilleurs souvenirs de shooting ? Des expériences plus mitigées et pourquoi ?
Forcément mon plus beau souvenir sera le Sonishpère 2011, c’était mon premier Festival, j’étais photographe officiel et en plus j’ai shooté le groupe dont je suis le plus fan, Metallica. Cerise sur le gâteau, j’ai pu rester sur le coté de scène pour regarder le concert. J’avais les membres du groupe qui jouaient à 2 mètres de moi.
La pire sera est lié au Bataclan, tout le monde verra de quoi je parle, donc pas besoin de s’étendre sur le sujet. Bien que n’étant pas présent, j’ai eu l’occasion d’y aller post attentat et c’était assez traumatisant, pas mal de potes y étaient ce soir là et moi, par le fruit du hasard, me suis retrouvé à shooter un autre concert ce même soir...

Tu connais donc d’autres de tes « confrères » ? C’est un petit milieu ? Comment ça se passe concrètement ? Tu proposes ? On t’appelle ?
Oui c’est un tout petit milieu, on se connaît à peu près tous de visu au moins. On se croise régulièrement, on échange sur notre job, on boit des coups ensemble et on partage nos expériences des différents concerts que l’on a pus faire. Je ne peux pas dire que je traîne vraiment avec les autres photographes dans ma vie de tous les jours, mais globalement ce sont des gens gentils. Il y a des conflits comme dans chaque groupe, mais j’essaie de rester au maximum en dehors des guéguerres et de ne pas prendre partie, je ne suis pas là pour ça.
Pour les concerts, en général, c’est plutôt moi qui choisit ce que je fais. Je fais mes demandes d’accréditation tout seul, donc c’est un peu comme avoir à gérer une ligne éditoriale. J’essaie de faire un peu de tout,  même si j’ai une grosse préférence pour tout ce qui est Rock / Métal. Il arrive parfois que j’aie des commandes, mais ça reste assez anecdotique pour le moment (avis à ceux qui me lisent). (NdlR : ahaha)

Comment concilies-tu tes deux vies, pro et passion ?
En réalité ce n’est pas trop compliqué, ma vie d’agence étant plutôt organisée autour de la journée et ma vie de photographe se passant plutôt le soir. Après j’essaie de m’organiser avec les jours de vacances ou RTT pour ce qui est des festivals. Mais c’est un peu le propre de toutes passions, le tout étant de faire en sorte que la passion ne déborde pas sur le travail et inversement. Il faut savoir s’imposer des limites et aussi choisir ses combats. Il y a des périodes où je n’ai pas le temps de shooter à cause du travail, mais ça fait partie du jeu. Le plus compliqué est quand je shoote le soir, car j’essaie d’envoyer les photos dans la foulée. Donc je me couche assez tard et je me lève tôt le lendemain car il y a les enfants ! En plus j’habite loin de mon lieu de travail.

Quel est ton rapport à la photographie ?  Comparativement à la vidéo, puisque tu réalises aussi parfois ?
Comme je le disais plus haut, la photographie est très liée à mon métier qui est un métier de l’image. Je suis graphiste de formation, donc j’ai forcément certains acquis de mon job qui transparaissent dans la photo. Je fais du photoreportage mais j’essaie a minima de garder une notion d’artistique dans ce que je propose, que ce soit sur le traitement de l’image ou les cadrages. J’évite quand même tout ce qui fait trop fake ou trop photomontage qui, pour moi, n’est pas le sujet. Donc pour moi, la photo c’est vraiment un moyen d’expression et un moyen de figer le temps. Je trouve quand même assez magique qu'à l’aide d’une simple image, on arrive à faire passer des messages ou des sentiments.
Pour ce qui est de la vidéo, pour moi, c’est un peu la même chose mais en version "qui bouge". Ce que je trouve de différent avec le format vidéo, c'est que l’on peut diriger le ressenti des personnes qui la regarde. Je trouve que ça laisse moins de place à l’imaginaire et surtout, on est encore plus dépendant du contexte. Il y a aussi un travail d’écriture, qui n’existe pas forcément dans la photo.

Parlons technique pour les amateurs, tu shootes avec quoi ? Et pourquoi ?
Rien d’extraordinaire j’ai du matériel assez classique : un 5D Mark 3 avec un combo 24-70 f2,8 et un 70-200 f2,8. J’ai quelques autres objos et gadgets à coté, mais que j’utilise moyennement sur de la photo de concert. Il faut savoir qu’il faut des optiques très lumineuses pour ce type de photo et privilégier un boitier Full Frame pour une meilleure luminosité. Après je bosse sur Lightroom pour la postprod et je me mets à Capture One en ce moment qui apporte des possibilités plus fine sur le rendu de l’image.

En terme d’inspiration, que ça soit d’ailleurs pour ton métier ou la photo, tes artistes de prédilection sont... ?
Dans les photographes de concerts, c’est surtout Ross Halphin que je suis depuis longtemps parce que c’est une grosse référence en photos d’artistes musicaux et particulièrement dans le rock. Il tourne beaucoup avec Metallica, donc c’est par ce biais que je l’ai connu. Après j’ai quelques confrères qui font du très bon boulot et qui restent une source d’inspiration pour mon travail au quotidien.
A coté de ça, je suis fan du travail de Cédric Delsaux à cause de son boulot sur sa série Star Wars. J’aime aussi beaucoup le travail de Laurent Nivalle qui a un super traité sur ces photos et j’ai mon pote Arthur Castillon qui fait de magnifiques portraits de très jolies filles.
Sinon j’aime beaucoup les artistes qui font de l’illustration et de la typo. Pas de noms en particulier, mais mon inspiration principale vient plutôt du cinéma. J’adore le traitement des films des années 80/90 qui était encore réel et où l’image n’était pas « parfaite ». (NdlR : J'adhère complètement à la "non perfection")
Gros fan de la série Stranger Things. C’est un peu paradoxal, car ce que je préfère en photo a souvent un rendu proche du film.
J’adore travailler au format cinémascope et je suis un gros fan des films de Christopher Nolan.

D’autres passions cachées ? Nous avons vu le roller tout à l'heure ! 
Oui je suis un gros geek, je collectionne les figurines, je joue pas mal aux jeux vidéo, je possède pas mal de consoles néo et rétro. Je regarde des Mangas et je suis très attiré par les sciences depuis longtemps, donc je mate pas mal de vidéos là-dessus maintenant que je suis en âge de comprendre quelque chose. (Ndlr : t'es sûr ? ;))

Même question que précédemment, à des « jeunes » qui aimeraient être photographes (notamment de « concerts ») tu conseillerais quoi ?
Honnêtement je ne conseillerais pas. C’est totalement bouché, on est déjà beaucoup trop sur le marché et il y en a peu qui proposent des choses vraiment différentes.
Les photos qui sont publiées en général en presse sont rarement les plus belles, c'est un peu le supermarché du n’importe quoi et les conditions s’aggravent avec le temps.
Ça coûte beaucoup de temps et d’argent pour peu de reconnaissance derrière.
Ce n’est pas un job qui rapporte et le modèle économique de la photo est complètement dépassé. Ce n’est d’ailleurs un job pour quasiment personne.
On travaille à l’ancienne avec des méthodes à l’ancienne. Je conseillerais plutôt de passer son chemin et de trouver un sujet plus en adéquation avec l’époque, si ça existe.
Le principal c’est de faire quelque chose qui nous plait.

Quand tu étais petit, tu rêvais de… ?
Je rêvais d’être cascadeur et inventeur, ce que j’ai réussi en partie car ayant fait plus de 15ans de roller, j’en fais quelques unes des cascades en roller ! Pour ce qui est du coté inventeur, étant donné que je travaille dans un métier de création où on passe nos journées à essayer d’inventer des choses, j’estime y être arrivé... Enfin question de point de vue ;-).

Une phrase pour conclure ? Une devise de vie ?
Déjà un grand merci pour cette interview, ce n’est pas un exercice facile d’écrire sur soi, je pense que c’est plus facile à raconter à l’oral avec quelques verres de bières, mais c’est un exercice intéressant. Pour la citation, ça sera encore un truc de geek, mais c’est celle qui me représente le plus je trouve et comme en plus c’est tiré d’un film, c’est parfait pour moi : "La route ? Là où on va, on a pas besoin de route ! " (Docteur Emmett Brown, Retour vers le futur).

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Nothing but... Vincent Arquillière, journaliste, secrétaire de rédaction & passionné de musique.

Nothing but... François Maigret, musicien, chanteur, producteur...