Le plaisir du texte - Roland Barthes (1973)

Nothing but... Annelyse Bougis, agent de chefs "op" & danseuse professionnelle de Salsa

L’image est effectivement très importante, c’est en ça qu’on arrive a magnifier les gens, les élever, les rendre beaux , les faire se dévoiler. (...) tout comme sur scène, un danseur est une autre personne, c’est ce qu’on n’arrive pas a exprimer dans la « vraie vie » (...) Pour moi c’est ça la magie de l’image.

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Annelyse, présente-toi, et explique un peu ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?
Donc Annelyse, 40 ans, célibataire une petite princesse de 8 ans. J’ai un bac Littéraire Artistique, une école de Dessin technique et artistique en vue de devenir Architecte d’intérieur. J’ai appris toutes les techniques de dessin à la main. J’ai du arrêter mes études à cause de petits soucis de santé. 1996, j’ai commencé à travailler dans une maison de production en tant que standardiste, puis suis passée assistante de prod. Un an après j’ai rencontré Kinou, Agent de Directeurs de la photo qui cherchait une assistante. 2003, nous nous associons. 2014, je gère la partie pub de la société, Kinou gère la partie Long métrage et supervise la pub.

En quoi consiste le métier d’agent de chef opérateurs ?
Notre métier consiste à gérer la « vie professionnelle » de ces techniciens, qui font la lumière et souvent le cadre sur un tournage. Nous tentons de faire évoluer leur carrière dans ce qu’ils ont envie de faire. Nous nous chargeons de leur contrat d’engagement, de leur planning, de leurs sous. Nous sommes un peu leurs mamans professionnelles ☺

Tu fréquentes des amoureux de l’image en permanence, pour toi l’image c’est aussi une passion ? Pour quelles raisons expliques-tu ce rapport à l’image ? La magie de l’image sur les gens s’explique comment aussi selon-toi ?
Je pense que ça vient de mon enfance. J’ai toujours vécu dans un climat artistique. Mon Papa est artiste peintre. Lorsque nous habitions à Orléans, il avait son atelier au rez-de-chaussée de la maison, j’aimais bien à y trainer et le regarder peindre. Puis j’ai toujours fait de la danse, depuis l’âge de 4 ans. L’une de mes profs était une vraie artiste. Lorsqu’elle montait un spectacle, elle faisait attention a tout, la mise en place bien sûr, l’espace, mais aussi la lumière. C’était très important. L’image est effectivement très importante, c’est en ça qu’on arrive a magnifier les gens, les élever, les rendre beaux , les faire se dévoiler. Comme tu dis, c’est la magie de l’image, devant la caméra, un acteur est une autre personne, tout comme sur scène, un danseur est une autre personne, c’est ce qu’on n’arrive pas a exprimer dans la « vraie vie » qui se dégage a travers ces autres moyens d’expression... Pour moi c’est ça la magie de l’image.

Tu conseillerais quoi à des jeunes qui veulent devenir chef opérateur ?
Difficile aujourd’hui de donner des conseils pour devenir chef op'. Avec les nouvelles technologies, certains nouveaux se disent déjà chef op', alors que beaucoup ont très peu d’expérience de plateau, et je trouve ça regrettable. Je leur dirais, intéressez-vous à la manière dont on faisait des films publicitaires, il n’y a pas si longtemps que ça... En pellicule, on devenait chef op après X années d’assistant, on avait l’expérience du plateau, des équipes….. Je leur dirais peut-être ça… Mais bon, il faut peut-être aussi vivre avec notre temps…

Les plus belles images que tu as pu voir dans ta vie, c’est... ? Des belles expériences de collaborations ? 
Les plus belles images ? c’est un peu bateau, mais ça reste vrai, l’image de ma fille qu’on pose sur ma poitrine lorsqu’elle nait… (si c’est de ce genre d’images dont tu parles) Mes deux plus belles expériences de collaboration :
- Kinou, ma patronne, ma collègue, mon amie, ma confidente, ma sœur, ma mère. Elle est tout en un ☺
Sève Cartesse, une des meilleures danseuses de salsa de la région parisienne pour moi. Je l'ai suivie pendant quelques années, dans son atelier chorégraphique. J’ai été son assistante, cette relation m’a beaucoup appris.

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On va rapidement passer sur ton autre passion qui est la Salsa. Tes premiers pas en salsa ? Ton parcours ?
 J’ai découvert la salsa avec mon meilleur ami de l’époque, il y a presque 15 ans. Je faisais de la danse modern jazz et beaucoup de fitness. Je ne connaissais pas du tout le milieu de la salsa. J’ai essayé un cours de Salsa Cubaine au Centre de danse du Marais. J’aimais bien mais sans plus… Mon ami a continué, pas moi. Je sortais de temps en temps dans les endroits salsa, car ça devenait à la mode. Donc j’apprenais sur le tas des pas, des enchainements.J'ai commencé à me lier avec cette danse et ce son, les gens aussi, jusqu'à vraiment m’y sentir bien.
2004, je suis partie 1 semaine en stage salsa à Djerba, pour réellement apprendre. 5 heures de cours non stop, plus les soirées tous les soirs. Je suis rentrée, j’ai du porter des baskets pendant 3 jours tellement j’avais mal aux pieds, j’en avais pris plein les jambes. Mais d’un niveau débutant je suis passée intermédiaire avancé. J’ai pris goût à ce milieu. J’en suis tombée amoureuse ! Je me suis spécialisée en Salsa Portoricaine, ça me correspondait plus, plus sensuelle, plus esthétique, plus dansée. J’ai été dans un atelier chorégraphique dirigé par Sève Cartesse, une des meilleures danseuse de Paris. Je suis devenue son assistante et la coach des filles pour une année, nous présentions des chorégraphies lors de soirées salsa, c’était génial.
Aujourd’hui j’ai arrêté l’atelier, mais j’aide à donner un cours de salsa portoricaine tous les mercredis dans une école de Danse a Neuilly sur Marne. Je danse moins qu’avant, mais je commence a initier ma fille. Elle a fait le conservatoire et a débuté le modern Jazz au Latin Studio, mais s'est vite tournée vers la gym artistique. C'est son élément, mais je continuer à lui apprendre les pas de salsa. 

Il y a différent types de salsa (je crois), quelles sont-elles ? 
Il y a 3 style de salsa : la cubaine, la portoricaine, et la colombienne. A la base, la salsa est un mouvement musical, c’est une fusion de rythme afro caribéens et de Jazz. Il a réellement pris son essor à New-York dans les années 60. Mais la Danse ainsi que les racines de cette musique sont nées à Cuba. A l’origine, cette danse était utilisée lors de cérémonies religieuses, c’était une sorte de dialogue entre les divinités (les Orishas) et les croyants. Lors de la colonisation, d’autres rythmes sont venus se mélanger à ces traditions cantatoires. Après avoir été une danse de groupe, la salsa est devenu une danse de couple (c’est un résumé).

Le monde de la danse est aussi un milieu de passionnés, car très exigent, est très compétitif, ou plutôt « bon enfant » ?
Un peu des deux. Les soirées salsa sont très bon enfant. Les aficionados iront plus dans les soirées organisées dans des salles polyvalentes, ou bien dans des écoles de danse, ou iront les dimanche après-midi dans des endroits cotés, type « dancing », d’ou l’esprit bon enfant. Par contre, entre certains organisateurs, ou entre certains danseurs de haut niveau, on peut déceler un esprit de compétition, ils cherchent la performance. Mais par cet esprit, ils cherchent aussi et surtout à maintenir une qualité de cours, ainsi qu’une qualité de soirées, car beaucoup, de part la « mode salsa », se disent prof de salsa ou organisateurs de soirées, alors qu’il n’en est rien.

Tes meilleurs souvenirs en salsa sont ? Les moments plus durs ?
Mes meilleurs souvenirs : 
- lorsque j’ai remporté mon premier prix, un voyage où je veux, avec mon partenaire de danse, face à des professionnels de la salsa lors d’une compétition du meilleur couple de danseurs ☺
- ma rencontre avec Sève.
Je n’ai pas de moment dur… ou ils ne m’ont pas vraiment marqués, ou une peine de cœur mais qui m’a donné goût à cette danse, donc c’est oublié. ☺

En France, où peut-on pratiquer ce sport dans des bonnes conditions ? Comme il y a eu beaucoup d’écoles qui se sont créées, il est difficile pour un(e) débutant(e) de juger quelles sont les « bonnes » des mauvaises... Où sont les centres connus de tous les amateurs de Salsa au niveau international ?
Tout le monde maintenant se dit professeur de salsa, il faut donc se méfier, ou bien savoir ce qu’on veut réellement faire : soit tu veux « vraiment » apprendre, et tu vas voir les profs qui sont présents depuis plus de 10 ans, soit tu veux faire ça en dilettante et là tu vas trouver des cours un peu partout, mais pas forcément de bon niveau. Il faut savoir aussi quel type de salsa tu veux faire : cubaine ou portoricaine. 
Je dirais qu’il faut cibler l’endroit en fonction du prof et de sa notoriété.
Salsa portoricaine : 
- Le Barrio les dimanches apres midi.
- Les cours donnés a l’école de salsabor
- Le Latin studio avec David Tima à Neuilly sur Marne.
Salsa Cubaine : - les cours avec Roberto Arias Danger
- les cours de Sergio au Moving de Thiais les samedis soirs
- le Latin Studio avec David Tima a Neuilly sur Marne
Niveau international, nous sommes assez bien « côtés ». Nous avons depuis cette année un excellent festival international à Paris "le PISC" organisé par Mouaze Konaté.  Mais la communauté se suit et se retrouve dans des festivals organisés un peu partout dans le monde. Chaque pays a son ou ses festivals (Barcelone, New York, Croatie, Paris, Marseille, Italie etc etc). Ces festivals sont connus de tous les aficionados ☺

Tu pratiques / as pratiqué d’autres types de danses ou pas ?
J’ai commencé par la danse classique à 4 ans, puis la danse modern jazz jusqu'à l’âge de 25 ans.

Des projets de spectacles ?
Oui !

Quels sont les grands noms de Salsa (danseurs/musiciens) ou autres personnalités que tu admires/aimes ? Pour quelles raisons ?
Oscar D'Leon, Tito Puente et tous ceux qui font partie de la fania car c’est grâce a eux que la salsa a pris son essor. Spanish Harlem Orchestra pour son rythme, La Excellencia car j'en ai fait une chorégraphie, Cesaria Evora la princesse aux pieds nus !
Comme danseurs, difficile…. Un couple que j’adore car il me fait pleurer a chaque fois que je les regarde danser : Terry et Cécile, très connus dans le milieu.

Tu conseillerais quoi aux jeunes qui aimeraient se lancer dans la Salsa à titre professionnel ?
Allez voir les meilleurs pour apprendre, allez danser sur du bon son et dans les endroits qu’il faut. Ne prenez pas le melon, car il faut garder cette passion intacte pour pouvoir la transmettre aux futurs danseurs. On fait ça pour le plaisir de la danse et le plaisir du son !!
À ne pas oublier !

Quand tu étais enfant, tu rêvais d'être... ?
J’aurais adoré être sportive de haut niveau

Une phrase pour conclure qui t’accompagne au quotidien ?
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort !

Nothing but... Marc Molk, peintre et écrivain

Nothing but... Emilie Aubry, editor